Observation en direct
de la formation de galaxies spirales au « Very Large
Telescope »
| Une équipe
internationale d'astronomes1 conduite par un
chercheur du Département d'astrophysique extragalactique
et de cosmologie (Unité mixte de recherche CNRS -
Observatoire de Paris) vient d'observer, avec l'un des
quatre télescopes du Very Large Telescope de l'European
Southern Observatory (ESO), des galaxies naines très
éloignées. L'analyse des spectres fait apparaître que
ces galaxies compactes et très lumineuses contiennent de
vieilles étoiles, et sont le siège d'intenses
formations stellaires. Ces phénomènes sont dus à des
interactions avec d'autres galaxies, voire à des fusions
de galaxies. On se trouverait donc en présence d'une
étape de formation de galaxies massives, et l'on
assisterait à la création du bulbe central, le disque
ainsi que les bras spiraux se formant par la suite. Depuis plusieurs années, les astronomes sont
intrigués par la présence en grand nombre dans
l'Univers lointain, de galaxies compactes et lumineuses.
De taille naine, ces galaxies ont cependant un
rayonnement énergétique dix à cent fois supérieur à
celui des galaxies naines observées dans l'Univers
local. Il y a 7 milliards d'années, ces galaxies
représentaient la population dominante alors qu'elles
sont pratiquement absentes aujourd'hui. Les astronomes1
ont récemment observé ces galaxies avec le
spectrographe FORS1, équipant le télescope Antu du Very
Large Telescope de l'ESO situé au Paranal (Chili). Ils
ont pu obtenir des spectres d'une qualité inégalée
jusqu'alors, détectant pour la première fois dans des
galaxies lointaines, des raies importantes comme celles
du fer et d'autres éléments. Ces observations corroborent le scénario dit
"hiérarchique" de la formation des galaxies
selon lequel deux galaxies se rencontrent pour en former
une plus massive, le phénomène de fusion entraînant
une formation stellaire intense. Les galaxies compactes
montrent une diversité considérable de morphologies,
incluant des fusions complètes entre galaxies et des
interactions moins directes, conduisant à la formation
d'un bulbe très lumineux et d'un disque à peine
développé. L'équipe d'astronomes, à l'origine de la
découverte présentée ici, suggère que les galaxies
compactes sont les progéniteurs des bulbes de galaxies
massives tel celui de notre Galaxie, ayant formé
ultérieurement un disque avec des bras spiraux. On
serait alors témoin d'une phase essentielle de la
formation des galaxies montrant que les étoiles
constituant le bulbe se forment avant celles qui, comme
notre Soleil, constituent le disque et ses bras spiraux.
Les galaxies massives, telle notre Galaxie, observées
aujourd'hui seraient donc relativement récentes. F. Hammer, N. Gruel, H. Flores, T. X. Thuan, L.
Infante, accepté dans Astrophysical Journal (sous
presse) Vous pouvez consulter le serveur web de l'Observatoire
de Paris : http://www.obspm.fr/actual/nouvelle/dec00.html 1 François Hammer Observatoire de Paris -
CNRS ; Nicolas Gruel, Observatoire de Paris - CNRS ;
Hector Flores, CEA-Saclay ; Trinh Xuan Thuan, Université
de Virginie aux Etas-Unis ; Leopoldo Infante, Université
Catholique au Chili. Communiqué par Yves Janvier
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